dimanche 14 novembre 2010

Gardes à vue des lycéens, le 12 octobre dernier : mes attentes d'éclaircissement relatéees dans un interview pour Mediapart

Garde à vue du 12 octobre des lycéens de Fontainebleau : les réponses d'une élue socialiste. Mediapart


14 Novembre 2010 Par drapher

La garde à vue traumatisante des 6 lycéens de Fontainebleau, suite à la manifestation du 12 octobre, a suscité de nombreuses interrogations et inquiétudes parmi la population de la ville, plus particulièrement chez des parents d'élèves. La Ligue des Droits de l'Homme tente de soutenir les familles, inquiètes pour la plupart et préférant ne pas faire de vagues. Roseline Sarkissian (Parti Socialiste), conseillère municipale à Fontainebleau (opposition) et conseillère régionale Ile de France (majoritaire) revient sur cette affaire à laquelle elle prête la plus grande attention depuis que ce blog Mediapart s'en est fait l'écho.


Pascal Hérard : Sur les conditions d'encadrement de la manifestation du 12 octobre par les forces de l'ordre, que pouvez-vous dire ?


Roseline Sarkissian : Un encadrement par la police municipale, la police nationale et les jeunes avait été planifié, à ma connaissance, il a été assuré dans les conditions prévues jusqu’à ce qu’une délégation de jeunes soit reçue en mairie. Ensuite, je m’étonne de la violence de la charge policière. Le mouvement avait été « bon enfant » jusqu’alors, pourquoi a-t-il dégénéré ? Si des fauteurs de trouble sont intervenus, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas été neutralisés autrement que par une riposte brutale contre tout un mouvement, d’autant plus que le périmètre n’avait pas été sécurisé. Familles, personnes âgées circulaient dans cette zone à deux pas du marché, ils ont été gravement exposés.


P.H : Sur l'arrestation et la garde à vue des six lycéens ?


R.S : J'en appelle à ceux qui ont subi ça, les jeunes et leurs familles. S'il n'y a pas eu de condamnation en comparution immédiate c'est que les choses n’étaient pas si claires que ça d’ailleurs, non ? Je fais l'hypothèse que la justice va pouvoir demander des éclaircissements quant aux conditions de la charge policière et quant aux conditions de garde à vue. Vous comprendrez qu’on ne puisse pas passer outre ce qui a été rapporté par les familles : menaces et intimidations verbales, physiques, et plus grave : violence à l’endroit d’un jeune homme noir. Je n'ai pas à condamner une partie ou l'autre, mais j'attends que les autorités de justice lèvent le trouble sur les conditions de détention qui ont été décrites dans la presse. Il ne faut pas laisser filer les choses. J’ai le plus grand respect pour la police, et c’est lui faire honneur que de s’assurer qu’elle est respectueuse des droits !


P.H : Si des parents portent plainte ?


R.S : Il faut lever un doute sur ces pratiques policières. Je les incite à saisir la commission nationale de la déontologie et de la sécurité par le biais de la défenseure des enfants. J'ai vraiment des doutes sur la façon dont les arrestations ont été conduites. Quant aux conditions de la garde à vue, je suis vraiment très inquiète : au-delà des pratiques professionnelles que j’ai précédemment évoquées, il y a aussi les conditions matérielles. Les conditions de détentions sont dramatiques au commissariat de Fontainebleau. Conditions qui son aussi, soit dit au passage, les conditions de travail quotidiennes des policiers. Quand j’entends le discours sécuritaire du gouvernement et qu’on maintient le service public de la police dans de tels locaux, ça m’interroge quand même grandement sur sa conception de la sécurité ! quand on veut donner soi-disant une très bonne image des services publics de la police, il faut peut-être des locaux qui aient une autre tenue. Autant sur la bâti on peut être transparent, c'est un fait établi, autant sur les pratiques professionnelles j'aimerais bien qu'on puisse lever des doutes, qu'il n'y ait pas les écarts, en termes d'intimidation, par exemple qui ont été évoqués.


P.H : L'un des jeunes (celui de la poussette) a été contrôlé il y a quelques jours dans le centre de Fontainebleau (fouille au corps en pleine rue), qu'est-ce que vous en pensez ?


R.S : J'en appelle à ce que ces pratiques n'aient évidemment pas lieu. La jeunesse, en se mobilisant sur les retraites, a fait valoir son opposition. Elle a inquiété, elle inquiète encore les dirigeants. On a voulu la brider et on veut la vacciner contre toute envie de recommencer.


P.H : Une condamnation lourde (des jeunes) au tribunal de Melun vous inspirerait quel sentiment ?


R.S : J'espère qu'on ne condamnera pas une jeunesse qu'on ne voulait pas voir dans la rue, discours renvoyé par une certaine classe politique. J'espère qu'il y aura une justice équilibrée à la hauteur des faits reprochés : qu'on condamne des jets de tomate par exemple, on verra bien ce que pèsent des jets de tomate. A mon sens ça ne pèsera pas grand chose. Je l'espère en tout cas.


Propos recueillis le samedi 13 novembre 2010.

jeudi 11 novembre 2010

Participation à la cérémonie du 11 novembre ce matin à Fontainebleau

Participation ce matin à la cérémonie du 11 novembre commémorant la signature de l'armistice de la Première guerre, aux côtés des représentants de l'Etat, des autorités militaires françaises et allemandes et des élus d'Avon et Fontainebleau. 

mardi 9 novembre 2010

Les Assises sociales d’Île-de-France à la Région jusqu'à demain 10 novembre

Qu’est-ce qui est fait, et reste à faire, en Île-de-France, pour les personnes en situation de handicap, les publics précaires et les personnes âgées ?

Des réponses lors des débats du 8 au 10 novembre.
Le conseil régional organise les 8, 9 et 10 novembre prochains les Assises sociales d'Île-de-France. Un rendez-vous auquel assisteront chaque jour près de 200 personnes issues des milieux associatifs, professionnels et politiques, et qui permettra à la Région de dresser un état des lieux de ses politiques en matière d’action sociale.
Les échanges entre les participants serviront en effet d'indicateurs pour la Région qui souhaite élaborer un nouveau rapport-cadre au printemps 2011. Ces Assises lui permettront notamment de repérer les dispositifs innovants de certaines structures et de mieux cibler ses priorités d’intervention.

Chaque journée sera l’occasion de travailler sur une thématique précise et débutera par une présentation des politiques régionales menées dans chacun des domaines abordés. Les deux premières se dérouleront dans l’hémicycle régional. La troisième aura lieu dans les locaux de la Région.
Plus de 90 personnes interviendront lors des onze tables-rondes organisées durant ces trois jours (voir la liste détaillée dans le programme en téléchargement en bas de page).

Lundi 8 novembre : l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Le Président Jean-Paul Huchon et la vice-présidente en charge de l’action sociale, Laure Lechatellier ouvriront les Assises avant de laisser la parole à Patrick Larible, vice-président de la région Poitou-Charentes qui a adopté un Agenda 22, un « cadre » visant à améliorer l'accessibilité pour tous aux services, équipements et activités.

Quatre tables-rondes sur les thèmes de l’hébergement, du travail, du rôle des aidants et des outils de prise en charge transversales rythmeront la journée. Et le court-métrage « Destination compétences » de Francis Piegzat primé au festival de Nîmes « Regards croisés – Vidéos Métiers et handicaps » sera présenté au public.
Mardi 9 novembre : état des lieux de la pauvreté en Île-de-France

Trois thématiques animeront les tables-rondes de cette journée : l’intervention publique face aux nouvelles formes de pauvreté, la précarisation des femmes et la place de la Région face à l’évolution des politiques nationales envers les publics précaires. Une exposition de l’association « Les Yeux de la terre » sur les femmes d’origine immigrée sera installée les 8 et 9 à l’hémicycle.

Mercredi 10 novembre : accompagnement du vieillissement de la population francilienne


Séniors en Île-de-France, accompagnement et autonomie des personnes âgées, prise en charge médicalisée des personnes âgées sont les trois sujets des tables-rondes du 10 novembre. Un film sur les personnes âgées élaboré par la Gazette santé social et agevillage.com sera projeté.
La table-ronde de synthèse sera l’occasion de s’interroger sur la réforme territoriale et ses implications au niveau du partage de la solidarité entre les territoires franciliens. Et d’aborder le rôle fédérateur que pourrait jouer la Région.

mercredi 3 novembre 2010

L'avis défavorable du Conseil d'Etat sur le SDRIF : un cas manifeste d'empêchement démocratique


Le Conseil d’Etat a rendu un avis défavorable sur le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF). Raison invoquée ? La primauté de la Loi Grand Paris sur le projet régional.

Le SDRIF est un projet d’aménagement du territoire qui a pour but de définir le futur visage de la région. A partir des situations existantes et de projections de croissance économique et démographique, il a pour vocation d’anticiper les besoins de l’Ile-de-France en matière de logement, de développement économique, de transports, d’espaces agricoles et naturels.

De 2005 à 2007, le SDRIF a suivi un processus de concertation exceptionnelle tant par sa durée que son ampleur. Les collectivités locales d’Ile-de-France de droite comme de gauche y ont participé de manière intensive, tout comme les associations locales. Les franciliens ont égale ment été largement consultés. L’enquête publique diligentée par l’Etat en 2008 n’a produit que des avis unanimement favorables à son application. Ce souci d’équité, de transparence et de concertation tranche avec les méthodes et les intentions ayant abouti à la naissance de la Loi Grand Paris.

A 6 mois des dernières élections régionales, la Loi Grand Paris a finalement pour conséquence d’affaiblir le projet structurant de la nouvelle mandature, il s’agit selon Guillaume Balas d’un cas manifeste d’empêchement démocratique.

Guillaume Balas, président du Groupe socialiste au Conseil régional d’Ile-de-France (communiqué de presse)

Pour  Jean-Paul Huchon, Président de la région, c’est "la méthode autoritaire de l’ancien secrétaire d’Etat au Grand Paris, Christian Blanc, qui est à l’origine du désordre sans précédent en Ile-de-France, préjudiciable à tous les acteurs économiques, sociaux, environnementaux…". Le président de la région et Alain Amédro, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, estiment donc qu’"il y a urgence à remettre à plat la loi Grand Paris" et ils demandent au "gouvernement de remédier au désordre créé par la légèreté et l’inconséquence de la méthode Blanc, afin d’assurer la validation du Sdrif dans les meilleurs délais"